Prix de la francophonie vétérinaire 2017

 

Le Prix de la francophonie vétérinaire attribué par la Fédération des associations francophones des vétérinaires pour animaux de compagnie (FAFVAC) a été remis, cette année, à Nadia Haddad, D.M.V., Ph.D, professeure à l’École vétérinaire nationale d’Alfort et directrice de l’Unité de biologie moléculaire et immunologie parasitaires à Maisons-Alfort en banlieue parisienne.

Cette prestigieuse reconnaissance a pour objectif d’honorer un médecin vétérinaire qui, par ses activités et sa carrière, a permis de faire progresser la profession vétérinaire dans son pays, tout en favorisant son développement dans l’ensemble de la francophonie.

Le prix a été remis en présence de très nombreux invités à Nantes le 23 novembre dernier par le Dr Jean-François Rousselot, alors président de la FAFVAC, dans le cadre du congrès annuel de l’Association des vétérinaires français pour animaux de compagnie.

 Dr Jean-François Rousselot et Dre Nadia Haddad.Dr Jean-François Rousselot et Dre Nadia Haddad.

Diplômée en 1979 de l’École Nationale de médecine vétérinaire de Sidi-Thabet (ENMVT-ST) à Tunis en Tunisie, la Dre Haddad obtient un certificat d’immunologie à l’Institut Pasteur de Tunis puis de bactériologie, de virologie et d’immunologie générale et microbienne à l’Institut Pasteur de Paris.

À compter de 1982, sa carrière d’enseignante et de chercheuse commence.  

Elle soutient sa thèse d’université obtenue en 1985 à l’Université Claude Bernard de Lyon, puis obtient l’Agrégation des Écoles vétérinaires françaises en microbiologie, immunologie et pathologie générale en 1986. Elle devient ainsi la première vétérinaire femme agrégée d’Afrique. En 1992, elle soutient son HDR à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.

Dix-sept ans après son accession au professorat à Tunis à l’ENMVT-ST, elle accepte le même poste, cette fois-ci en France, dans la discipline des maladies réglementées, zoonoses et épidémiologie à l’École vétérinaire nationale vétérinaire d’Alfort, neuf ans après avoir intégré cette école comme maître de conférences.  Entre-temps, elle exerce en tant que chercheuse à l’INSERM (Faculté de médecine Necker-Enfants malades, Paris) puis à l’AFSSA (à [Unité des zoonoses bactériennes, Laboratoire de Santé animale, Maisons-Alfort].

En 2012, elle devient directrice de l’unité mixte de recherche [Anses, EnvA, INRA] de biologie moléculaire et d’immunologie parasitaire [UMR BIPAR], dont elle est membre depuis 2004. Elle se focalise sur deux thèmes de recherche, les parasites zoonotiques à transmission alimentaire [Trichinella, Toxoplasma, Cryptosporium, Giardia…] et les arthropodes vecteurs [particulièrement les tiques] et agents pathogènes vectorisés.

Sa compétence est reconnue sur le plan international et ses connaissances scientifiques l’amènent à être invitée comme experte évaluatrice de projets auprès de la Commission européenne et membre du Comité d’experts santé animale et Bien-être des animaux de l’Anses [CES-SABA].

Elle s’estime très heureuse et honorée d’avoir bénéficié de l’encadrement bienveillant de deux grands spécialistes du domaine, le Dr Louis Andral et le Dr Jean Blancou, respectivement fondateur et 1er directeur du laboratoire national de référence de la rage animale [actuellement laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy, Anses], et 2e directeur de ce même laboratoire puis directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale [OIE] .

Au cours de sa carrière, la Dre Haddad a collaboré à près d’une centaine d’articles scientifiques touchant différentes thématiques. Elle a abordé, en plus de la rage, la tuberculose et les maladies dues à des bactéries vectorisées par les tiques, en particulier la bartonellose.

Sa lutte contre la rage canine est l’une de ses préoccupations majeures et sa contribution lui a valu d’être nommée consultante puis experte de l’Organisation mondiale de la santé. 

La Dre Haddad devient la sixième médecin vétérinaire à recevoir ce prix de la francophonie vétérinaire et la première d’origine tunisienne.